Le rebozo est un long châle rectangulaire, tissé et terminé par des franges, porté au Mexique depuis l'époque coloniale. Son nom vient de l'espagnol « rebozar », se couvrir le visage. Né d'un mélange d'influences indigènes, espagnoles et asiatiques, il sert à se couvrir, à porter un enfant ou une charge. C'est devenu un emblème du Mexique.
« Mais au fait, le rebozo, c'est quoi ? » Ici, je vous parle de l'objet, du mot et de l'histoire de l'étoffe, pas du soin. J'indique mes sources, et je signale ce qui relève du récit plus que de l'histoire.
Le rebozo, c'est quoi ? La définition simple
Un rebozo est une pièce de tissu d'un seul tenant, rectangulaire, dont les deux extrémités se terminent par des franges nouées. Sa longueur varie d'environ 1,5 m à 3,5 m selon l'article « Rebozo » de Wikipédia en anglais. On le tisse en coton, en soie, en laine ou en fibre artificielle.
On le porte sur les épaules ou sur la tête. Il sert aussi à porter un bébé ou les courses du marché : c'est un vêtement de tous les jours avant d'être un symbole.
Que signifie le mot « rebozo » ?
Le mot est espagnol. Il vient du verbe rebozar, qui signifie couvrir presque tout le visage avec une cape ou un manteau, et se rattache à bozo, la partie extérieure de la bouche. C'est ce que rappelle la chercheuse Claudia Sánchez Montiel dans « El arte del rebozo. Un patrimonio cultural desconocido » (revue El Artista, 2023). Le rebozo est donc, au départ, l'étoffe avec laquelle on se couvre.
En français, on le traduit souvent par « châle » ou « écharpe », mais aucun mot ne convient tout à fait. On garde donc « rebozo », que l'on prononce à peu près « ré-bo-sso » à la mexicaine.
Des noms indigènes existaient aussi. Wikipédia cite un terme nahuatl colonial et le mot cenzotl, employé à Hueyapan, qui renverrait à l'idée d'un « tissu aux mille couleurs ». Je vous le donne avec prudence : c'est une traduction rapportée, que je n'ai pas pu vérifier à la source.
D'où vient le rebozo ? Ce que l'on sait, et ce qu'on ignore
L'origine exacte du rebozo reste discutée. Voici ce que les sources sérieuses permettent de dire.
- Des ancêtres préhispaniques. Des codex anciens montrent des étoffes nouées pour porter. Ce ne sont pas encore des rebozos, mais le geste existe déjà (Sánchez Montiel, 2023).
- Une naissance métisse, à la fin du XVIᵉ siècle. Les chercheuses citées par Sánchez Montiel s'accordent sur ce point : le rebozo apparaît comme un vêtement de pudeur. Les femmes métisses s'en couvrent la tête pour sortir et pour aller à l'église. Il reprend la largeur des métiers à tisser indigènes et s'inspire des mantilles espagnoles.
- Une touche asiatique. Selon Wikipédia, les étoffes philippines arrivées par les galions de Manille ont influencé le rebozo, notamment ses franges.
- Une première mention écrite en 1572. Wikipédia l'attribue au frère Diego Durán, d'après l'historienne Ruth D. Lechuga. Sánchez Montiel cite pour la même année un marchand anglais, Henry Hawks. La version espagnole de Wikipédia avance, elle, l'année 1562 pour l'apparition du mot. Les dates varient selon les sources : retenons « la seconde moitié du XVIᵉ siècle ».
- Un vêtement très encadré au XVIIIᵉ siècle. Des ordonnances fixent alors les règles du tissage. En 1789, Puebla compte à elle seule deux cents métiers à rebozo (Sánchez Montiel, 2023).
Le rebozo n'est donc ni purement indigène ni purement européen : c'est une création métisse.
Où fabrique-t-on les rebozos au Mexique ?
Plusieurs régions tissent des rebozos. Deux villes se disputent le titre de « berceau ».
Tenancingo, dans l'État de Mexico, est réputée pour ses rebozos de coton fin. On y tisse sur métier à pédales et, pour les pièces les plus fines, sur métier de ceinture. On y fait aussi le « rebozo de aroma », parfumé avec des plantes. D'après Sánchez Montiel, certaines femmes le gardent encore pour le jour de leur mort.
Santa María del Río, dans l'État de San Luis Potosí, a une tradition de tissage liée aux Otomis. On y travaille la soie et la soie artificielle selon la technique de l'ikat : les fils sont noués puis teints avant le tissage, ce qui donne des motifs aux contours flous. La fiche du Système d'information culturelle du ministère mexicain de la Culture décrit huit grandes étapes. Les franges nouées à la main sont confiées à une autre artisane. Les rebozos de cette ville et leur savoir-faire ont été déclarés patrimoine culturel immatériel de l'État de San Luis Potosí en novembre 2016 (Agenda San Luis, texte du décret).
Le temps de fabrication impressionne. Wikipédia parle de trente à soixante jours pour un rebozo tissé de façon traditionnelle. Un maître artisan de Santa María del Río évoque même près d'un an pour une pièce (ministère de la Culture du Mexique, 2020).
On entend aussi qu'un vrai rebozo de soie passe à travers une bague. Cela relève de la tradition orale : c'est une jolie démonstration de finesse, pas une preuve d'authenticité.
À quoi sert le rebozo, au quotidien et dans l'histoire ?
Au quotidien, il couvre, protège du soleil et porte. Au XVIIIᵉ siècle, selon Wikipédia, presque toutes les femmes le portaient, sauf les religieuses et les plus riches. Après la Révolution mexicaine, il devient l'emblème national du vêtement féminin. Des artistes comme Frida Kahlo l'ont porté et en ont fait une image connue dans le monde entier.
Il accompagne aussi les parteras, les sages-femmes traditionnelles. La Gaceta UNAM décrit la manteada comme un savoir de parteras et de paysannes : envelopper, soutenir, bercer le corps avec le rebozo. C'est un domaine où je n'interviens pas.
Du châle mexicain au soin Rebozo : quel lien ?
Le soin Rebozo proposé aujourd'hui en France s'inspire de ces gestes. Ce n'est pas une reconstitution. Anne Belargent, fondatrice d'une école française de soin Rebozo, écrit elle-même que le soin Rebozo n'est pas « ancestral » mais une construction récente. Je partage ce point de vue.
Méfiez-vous des récits trop beaux, comme le « rituel maya millénaire » : ils sont souvent enjolivés.
Pour aller plus loin : la matière, la taille et l'entretien de l'étoffe, et ce que l'on appelle le Slow Rebozo. Si c'est le soin lui-même qui vous intéresse, lisez tout sur le soin Rebozo, du déroulé aux ressentis et le sens que prennent l'étoffe et la fermeture dans le rituel. Je le propose en présentiel, notamment à mon cabinet d'Ajaccio.
Questions fréquentes
Quelle est la traduction de « rebozo » en français ?
On le traduit par « châle » ou « écharpe », mais aucun mot français ne dit tout. Le mot vient de rebozar, se couvrir le visage.
Le rebozo est-il uniquement mexicain ?
Il est emblématique du Mexique. Selon Wikipédia en espagnol, on en porte aussi en Amérique centrale et dans une partie de l'Amérique du Sud.
Le rebozo est-il une tradition ancestrale ?
Il a des racines préhispaniques, mais le rebozo tel qu'on le connaît apparaît après la conquête espagnole, dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle.
Où voir de vrais rebozos tissés à la main ?
À Tenancingo et à Santa María del Río, en particulier. Plusieurs autres villes du Mexique ont aussi leur tradition.
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Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE et praticienne en soins Rebozo · Ajaccio · Paris · Visio Le soin Rebozo est un soin de bien-être qui ne se substitue pas à un avis médical.