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Par Caroline Desormeaux

Affirmations positives et confiance en soi : pourquoi elles ne prennent pas toujours

Les affirmations positives aident surtout les personnes qui ont déjà une assez bonne image d'elles-mêmes. Quand le doute est profond, une phrase trop éloignée de ce que l'on ressent peut sonner faux, et même faire se sentir moins bien. Une phrase crédible, reliée à une expérience vécue, fonctionne bien mieux qu'une formule parfaite.

« Je suis une personne confiante et capable. » Vous l'avez peut-être écrite sur un post-it, collée sur le miroir, répétée le matin. Et quelque chose, à l'intérieur, a répondu : « ah bon ? ». Si c'est votre cas, rassurez-vous. Ce n'est pas vous qui « faites mal ». C'est un mécanisme connu, et il a même été étudié.

Les affirmations positives marchent-elles vraiment ?

En 2009, trois chercheurs canadiens, Joanne Wood et John Lee (université de Waterloo) et Elaine Perunovic (université du Nouveau-Brunswick), ont testé l'effet d'une affirmation simple : « je suis une personne digne d'être aimée » (« I am a lovable person »). Leurs résultats, publiés dans Psychological Science, sont éclairants (résumé sur PubMed, présentation de l'étude sur Newswise) :

Autre détail intéressant : chez les personnes qui doutaient d'elles, se demander en quoi la phrase était à la fois vraie et pas vraie leur faisait plus de bien que de la répéter telle quelle.

Ce n'est qu'une étude, menée dans un cadre précis. Mais elle confirme ce que beaucoup ressentent : une affirmation trop belle peut réveiller la voix qui la conteste.

Pourquoi une phrase positive peut-elle se retourner contre soi ?

Parce que le mental compare. Quand vous dites « je suis sûr(e) de moi » alors que vous vous sentez fragile, l'écart devient visible. Et le mental, qui aime la cohérence, va chercher des preuves du contraire : la réunion ratée, la remarque blessante, le jour où vous n'avez pas osé.

Résultat : au lieu de nourrir la confiance, la phrase met un projecteur sur le doute. Ce n'est pas un défaut de volonté. C'est la preuve qu'une partie de vous est honnête, et qu'elle a besoin d'être convaincue autrement que par des mots.

Quelle phrase positive choisir pour la confiance en soi ?

Quelques repères, pour des phrases qui ne déclenchent pas le « ah bon ? » intérieur.

Viser le mouvement, pas l'arrivée

« Je suis confiant(e) » décrit un état que vous ne ressentez pas. « J'apprends à me faire confiance » décrit un chemin, et il est vrai dès aujourd'hui. Le mental n'a rien à contester.

S'appuyer sur un fait

« J'ai déjà su faire face à des situations difficiles » : c'est vérifiable. Cherchez un exemple précis, même modeste. Plus la phrase repose sur une expérience réelle, plus elle a de poids.

Accepter le « et »

À la lumière de l'étude citée plus haut, une phrase qui accueille le doute est souvent mieux reçue : « je doute encore, et je peux quand même essayer ». Vous ne niez pas ce que vous ressentez. Vous ouvrez simplement une porte à côté.

Parler comme vous parlez

Une formule de manuel ne vous ressemble pas. Prenez vos propres mots, même maladroits. Une phrase que vous pourriez dire à voix haute à un ami sera toujours plus crédible qu'une maxime.

Si vous souhaitez aller plus loin dans la formulation, j'explique comment construire une phrase-clé dans mon guide pas à pas pour pratiquer l'auto-hypnose.

Quelle différence entre une affirmation et une suggestion hypnotique ?

On confond parfois les deux. Pourtant, elles ne s'adressent pas à vous de la même façon.

L'affirmation se dit en état ordinaire, avec le mental critique bien éveillé, prêt à répondre. La suggestion hypnotique, elle, arrive dans un état de calme concentré, où la voix critique se fait plus discrète. Elle ne vient pas seule : on la relie à un souvenir vécu, à une sensation dans le corps, à une image qui vous parle. Ce n'est plus une phrase qu'on se répète. C'est une expérience que l'on retrouve.

C'est aussi ce qui permet d'éviter l'écueil de l'étude : au lieu de vous affirmer quelque chose que vous ne croyez pas, on va chercher des moments où vous vous êtes réellement senti(e) capable. Je décris ce travail et un exercice complet sur ma page hypnose et confiance en soi.

Confiance en soi, estime de soi : quelle cible viser ?

Les affirmations visent souvent l'estime de soi (« je vaux quelque chose ») alors que la difficulté vécue est une question de confiance (« je suis capable de faire ça »). Ce ne sont pas les mêmes leviers. J'explique la différence dans mon article confiance en soi ou estime de soi ?

Si le doute touche plusieurs domaines de votre vie, mon approche globale des émotions est présentée sur ma page l'hypnose au service des émotions. Je vous reçois toute l'année à mon cabinet d'Ajaccio, à Paris une semaine par mois, ou en visio.

Et si le manque de confiance s'accompagne d'une tristesse qui dure, d'une perte d'envie ou d'idées noires, parlez-en à votre médecin. En cas d'urgence, appelez le 3114, joignable jour et nuit.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter les affirmations positives ?

Non, si elles vous font du bien. Si elles sonnent faux, reformulez-les plutôt : plus modestes, plus concrètes, tournées vers le chemin.

Combien de fois répéter une phrase positive ?

Il n'existe pas de chiffre magique. Mieux vaut une phrase crédible dite calmement, reliée à un souvenir, que dix formules récitées sans y croire.

Les pensées positives peuvent-elles suffire à prendre confiance ?

Elles aident à changer de regard. Mais la confiance se construit surtout par l'expérience : oser un petit pas, constater qu'on s'en sort, recommencer.

L'hypnose, c'est de la pensée positive ?

Non. On ne vous demande pas de croire une phrase. On vous aide à retrouver des ressources que vous avez déjà vécues.


Envie de phrases qui sonnent enfin juste ? Parlons-en lors d'un premier échange.

Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE, Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.
Sénèque, Lettres à Lucilius

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