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Par Caroline Desormeaux

Charge mentale : définition, signes, et pourquoi on ne la « range » pas

La charge mentale, c'est le travail invisible qui consiste à penser, prévoir, organiser et se rappeler tout ce qui doit être fait, en plus de le faire. La sociologue Monique Haicault l'a théorisée en 1984. Elle ne se voit pas, ne s'arrête pas le soir, et peut finir par peser sur le sommeil et sur le corps.

Vous êtes au cinéma, et une partie de vous pense au goûter de mercredi, au formulaire de la cantine, au cadeau d'anniversaire à acheter samedi. Personne ne vous a rien demandé. Et pourtant, vous « tenez la liste ». C'est cela, la charge mentale.

Charge mentale : quand en parler à son médecin ?

La charge mentale n'est pas une maladie. Mais quand elle dure, elle peut s'accompagner d'une fatigue qui ne passe plus, d'un sommeil abîmé, d'une tristesse ou d'une irritabilité qui s'installent. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin traitant : il peut vérifier qu'il ne s'agit pas d'autre chose, par exemple d'un épuisement. Les signes du burn-out sont détaillés dans un autre article.

Si vous avez des idées noires, appelez le 3114 (gratuit, 24 h/24), ou le 15 en cas d'urgence.

Charge mentale : quelle est la définition ?

La notion a été formulée en 1984 par la sociologue Monique Haicault, alors maîtresse de conférences à l'université du Mirail, à Toulouse (ici, « La charge mentale n'est pas génétique »). Elle travaillait sur le travail domestique et a montré que sa part la moins visible, c'est l'organisation et la gestion d'ensemble.

Une définition simple : la charge mentale, c'est la responsabilité de penser à tout. Ce n'est pas faire les courses. C'est savoir qu'il manque du lait, prévoir quand y aller, et y repenser si personne ne l'a fait.

Aujourd'hui, beaucoup de personnes emploient aussi le mot pour le travail : le projet qu'on porte seul(e), les relances que personne d'autre ne fera.

Pourquoi on ne la « range » pas avec une meilleure liste ?

C'est le malentendu le plus courant. On croit que la charge mentale est un problème d'organisation. On achète un nouvel agenda, une application, un tableau blanc pour le frigo. Et au bout de quinze jours, rien n'a changé.

Pourquoi ? Parce que la liste n'est pas le poids. Le poids, c'est la vigilance. C'est cette partie de vous qui reste en veille pour que rien n'échappe. Une liste mieux rangée reste une liste que vous seul(e) surveillez.

Il y a aussi ce qu'on a appris, souvent très tôt : « si je ne le fais pas, personne ne le fera », « demander, c'est déranger », « une bonne mère, un bon collègue, ça pense à tout ». Ces règles intérieures ne se rangent pas dans un tiroir. Elles se regardent, et elles peuvent s'assouplir.

Charge mentale des femmes, charge mentale des hommes : qu'est-ce qui change ?

Les travaux de Monique Haicault portaient sur les femmes vivant en couple, qui assumaient l'essentiel de cette gestion invisible. Un article publié par Santé publique France sur l'épuisement parental rappelle lui aussi que, face aux pressions et à la charge mentale, « les parents, en particulier les mères » peuvent se retrouver épuisés (La Santé en action, « Entourer les parents pour prévenir l'épuisement parental »).

Les hommes aussi peuvent porter une lourde charge mentale, au travail comme à la maison, et en parlent souvent moins. L'enjeu n'est pas de compter les points. C'est de rendre visible ce que chacun porte, pour pouvoir le partager. Quand cette charge concerne surtout les enfants, voyez aussi l'article sur le burn-out des parents.

Charge mentale : quels symptômes physiques ?

La charge mentale entretient souvent un stress qui dure. Or, selon l'INRS, le stress chronique peut se traduire en quelques semaines par des douleurs (maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires), des troubles du sommeil, de l'appétit et de la digestion (INRS, Stress au travail : effets sur la santé).

Ce que les personnes décrivent souvent : la mâchoire serrée au réveil, les épaules remontées vers les oreilles, le ventre noué, l'impression de ne jamais vraiment décrocher. Ces signes peuvent avoir d'autres causes : s'ils durent, parlez-en à votre médecin.

Un geste pour commencer à déposer : confier la pensée, pas seulement la tâche

Voici ce que je propose d'essayer, cette semaine :

  1. Choisissez un seul domaine. Pas tout. Par exemple : les rendez-vous chez le dentiste, les anniversaires, le linge, les relances d'un client.
  2. Confiez-le en entier. Pas « tu peux aller chercher le pain ? », mais « à partir de maintenant, c'est toi qui penses au pain ». Y compris le fait d'y penser.
  3. Résistez à l'envie de vérifier. C'est le plus dur. Si c'est fait autrement que vous l'auriez fait, ce n'est pas grave. C'est précisément la vigilance que vous êtes en train de déposer.
  4. Remarquez ce qui se passe dans votre corps quand vous lâchez ce fil : un soupir, les épaules qui descendent, ou au contraire une petite inquiétude. Les deux sont normaux.

Pour aller plus loin, la page déposer sa charge mentale avec l'hypnose propose un autre exercice, celui des trois colonnes.

Et l'hypnose, dans tout ça ?

L'hypnose ne fera pas vos courses à votre place. Ce qu'elle peut faire, c'est aider le corps à sortir du mode « toujours prêt », et regarder en douceur les règles intérieures qui vous font tout porter. Avec la méthode SAJECE, on s'appuie sur ce que vous savez déjà faire : vous poser, choisir, dire non.

Je vous explique comment je travaille sur l'alerte intérieure sur ma page apaiser l'anxiété avec l'hypnose SAJECE. Je reçois à Ajaccio, en visio, et une semaine par mois à Paris : voyez mes séances d'hypnose à Paris.

Questions fréquentes

C'est quoi, la charge mentale, en une phrase ?

C'est le fait de devoir penser à tout ce qui doit être fait, en plus de le faire.

La charge mentale peut-elle mener au burn-out ?

Quand elle s'ajoute à d'autres pressions et qu'elle dure, elle peut contribuer à l'épuisement. Si la fatigue ne passe plus avec le repos, parlez-en à votre médecin.

La charge mentale touche-t-elle aussi les hommes ?

Oui. Elle a d'abord été décrite chez les femmes, qui en portent souvent la plus grande part à la maison, mais chacun peut la vivre, au travail comme en famille.

Est-ce une maladie ?

Non. C'est une notion issue de la sociologie. Ses effets sur le sommeil, l'humeur ou le corps, en revanche, méritent d'être pris au sérieux.


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Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE et praticienne en soins Rebozo · Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses.
Épictète, Manuel

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