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Par Caroline Desormeaux

Burn-out parental : le reconnaître, en parler, se faire aider

Le burn-out parental est un épuisement physique et émotionnel lié au rôle de parent. Il survient quand le stress dure trop longtemps et que les ressources ne suffisent plus. Il se manifeste souvent par un épuisement profond, une distance avec l'enfant et le sentiment de ne plus être le parent qu'on voudrait être. Ce n'est pas une faute.

« J'aime mes enfants, mais je n'en peux plus. » Cette phrase, beaucoup de parents la pensent et très peu osent la dire. Par honte, et parce qu'on a l'impression que tout le monde y arrive, sauf soi.

Si vous lisez ces lignes, vous n'êtes pas un mauvais parent. Vous êtes un parent fatigué, et c'est très différent.

Avant tout : à qui en parler ?

Votre médecin traitant est le premier interlocuteur : il peut faire le point sur votre état, chercher d'autres causes à votre fatigue et vous orienter. L'Assurance maladie cite aussi le psychologue, notamment via le dispositif Mon soutien psy, accessible sans ordonnance, et les centres médico-psychologiques (ameli.fr, Santé mentale de l'adulte : à qui s'adresser ?).

Si vous avez des idées noires, appelez le 3114 (gratuit, 24 h/24, 7 j/7). Si vous sentez que vous pourriez perdre le contrôle face à votre enfant, n'attendez pas : confiez-le à un proche le temps de souffler, et appelez le 15. Demander de l'aide à ce moment-là, c'est protéger votre enfant.

La CAF a aussi fait de la prévention de l'épuisement parental un motif d'aide et d'accompagnement à domicile (caf.fr). Renseignez-vous auprès de votre caisse.

Qu'est-ce que le burn-out parental ?

Dans la revue La Santé en action de Santé publique France, les chercheuses Rebecca Shankland et Aurélie Paldacci le décrivent comme le fruit d'un déséquilibre entre les stresseurs du quotidien et les ressources disponibles pour y faire face, quand ce déséquilibre dure trop longtemps (« Entourer les parents pour prévenir l'épuisement parental »).

Elles retiennent trois caractéristiques :

Toutes ne sont pas nécessaires pour l'identifier. Selon le même article, le burn-out parental concernerait près de 6 % des parents en France, majoritairement des femmes.

Burn-out parental : quels signes doivent alerter ?

Sur le site de la CAF, la psychologue Mélanie Balès décrit plusieurs signaux (caf.fr, « Burn-out parental : c'est quoi ? »). En les reformulant avec des mots du quotidien, cela peut ressembler à :

On peut y ajouter une grande irritabilité, des colères qui surprennent, une envie de fuir. Ces signes ne sont pas un diagnostic. Ils disent qu'il est temps d'en parler.

Burn-out familial, burn-out de couple : de quoi parle-t-on ?

Ce ne sont pas des termes médicaux, mais ils disent une chose vraie : l'épuisement d'un parent ne reste pas dans une case. Selon l'article de Santé publique France, il a des répercussions sur la santé du parent, sur la relation de couple, avec une forte irritabilité et davantage de conflits, et sur la relation avec l'enfant.

Souvent, le déséquilibre vient aussi de là : un parent qui porte l'essentiel de la charge mentale de la maison, un soutien qui manque, une organisation familiale qui ne tient plus.

Pourquoi on n'en parle pas ?

Parce que c'est encore tabou. L'article de Santé publique France évoque un sentiment de honte et de culpabilité important, nourri par une image très exigeante du « bon parent ». Il cite aussi le perfectionnisme parental parmi les pressions qui épuisent.

Mon regard de praticienne : la culpabilité fatigue autant que les nuits courtes. Tant qu'on se dit « je devrais y arriver », on n'ose pas demander. Et plus on attend, plus c'est lourd.

Burn-out parental : que faire, concrètement ?

En plus de voir votre médecin, quelques gestes simples :

  1. Dites-le à une personne, une seule. Un conjoint, une amie, un frère. « Je suis à bout, j'ai besoin d'aide. » C'est souvent le pas le plus dur, et le plus utile.
  2. Baissez une exigence cette semaine. Des pâtes deux soirs de suite, un bain sauté, une activité annulée. Rien de grave n'arrivera.
  3. Offrez-vous dix minutes sans rôle. Ni parent, ni salarié(e), ni conjoint(e). Une marche, une douche, un café assis(e). Ce n'est pas un luxe : c'est de quoi recharger les ressources.
  4. Revenez au corps quand la tension monte. Posez une main sur le ventre, expirez lentement, deux ou trois fois, avant de répondre. Ce petit espace suffit parfois à éviter l'explosion.

Et l'hypnose, peut-elle aider ?

En complément du médecin, l'hypnose peut aider à apaiser la culpabilité, à retrouver un peu de vrai repos et à reprendre contact avec vos propres ressources. Elle ne remplace ni un suivi médical ou psychologique, ni l'aide concrète dont vous avez besoin au quotidien.

J'explique comment j'accompagne l'épuisement sur ma page épuisement et burn-out, et plus largement sur ma page accompagner l'anxiété par l'hypnose. Quand les enfants et l'emploi du temps rendent tout déplacement compliqué, les séances en visio se font depuis chez vous. Et si c'est plutôt le travail qui vous épuise, lisez les signes du burn-out.

Questions fréquentes

Burn-out parental ou simple fatigue : comment faire la différence ?

La fatigue passe avec le repos. Le burn-out parental s'installe, s'accompagne souvent de distance avec l'enfant et d'un fort sentiment d'échec. Dans le doute, parlez-en à votre médecin.

Est-ce que les pères sont concernés ?

Oui. Les mères sont plus souvent touchées, mais l'article de Santé publique France souligne que les conséquences peuvent être plus problématiques encore chez les hommes.

Faut-il forcément un arrêt de travail ?

Pas forcément. Selon l'article de Santé publique France, ce dont les mères ont surtout besoin, c'est d'un soutien dans les tâches liées au rôle de parent. Aller travailler peut même aider à prendre du recul. C'est à voir avec votre médecin.

Est-ce que je suis un mauvais parent ?

Non. Le burn-out parental touche des parents qui s'investissent et qui n'ont plus assez de soutien. « Ce n'est pas un signe de faiblesse que de demander de l'aide. C'est un acte de courage. »


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Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE et praticienne en soins Rebozo · Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses.
Épictète, Manuel

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