Les signes du burn-out s'installent souvent peu à peu : fatigue qui ne part plus avec le repos, irritabilité, troubles de la mémoire ou de la concentration, repli sur soi, douleurs sans cause claire. Aucun signe ne suffit seul, et seul un médecin pose le diagnostic. Si plusieurs durent, parlez-en à votre médecin traitant sans attendre.
On imagine souvent le burn-out comme un effondrement soudain. En réalité, il prévient longtemps à l'avance. Le problème, c'est qu'on apprend très bien à ne pas écouter ces signaux, surtout quand on est quelqu'un de fiable, qui tient ses engagements.
Avant tout : quand faut-il voir un médecin ?
Parlez-en à votre médecin traitant si :
- la fatigue ne passe plus, même après un week-end ou des vacances ;
- vous avez du mal à vous lever pour aller travailler, ou à « fonctionner » une fois sur place ;
- votre sommeil, votre appétit ou votre humeur sont abîmés depuis plusieurs semaines.
Le médecin du travail peut aussi être un interlocuteur, comme le rappelle l'Assurance maladie dans sa page Santé mentale de l'adulte : comment être aidé et à qui s'adresser ?. La même page cite un psychologue, un psychiatre ou un centre médico-psychologique.
Si vous avez des idées noires, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. En cas d'urgence, le 15 ou le 112.
Pourquoi le médecin d'abord ? Parce qu'une grande fatigue peut avoir bien d'autres causes, et que lui seul peut faire la part des choses.
Quels sont les signes d'un burn-out ?
L'Assurance maladie décrit le burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel, comme un ensemble de manifestations « d'installation progressive » (ameli.fr, Asthénie et fatigue). La fatigue s'y associe à des troubles de plusieurs ordres :
- émotionnels : anxiété, tristesse, manque d'entrain, irritabilité, hypersensibilité, ou au contraire absence d'émotion ;
- cognitifs : troubles de la mémoire, de l'attention, de la concentration ;
- comportementaux : repli sur soi, isolement, agressivité, ressentiment, conduites addictives ;
- motivationnels : désengagement progressif, baisse de motivation et de moral ;
- physiques : douleurs du dos ou de la nuque, crampes, maux de tête, vertiges, perte d'appétit, troubles digestifs.
Cette liste n'est pas une grille de diagnostic. Beaucoup de ces signes peuvent venir d'autre chose. Elle sert surtout à repérer que plusieurs domaines de votre vie sont touchés en même temps.
Comment savoir si l'on fait un burn-out, et pas « juste » de la fatigue ?
Ameli donne un repère simple : la fatigue devient anormale « lorsqu'elle subsiste même après le repos ». C'est souvent le premier indice. On dort, on se repose, et rien ne se recharge.
Il y a aussi des phrases qui reviennent souvent, et qui méritent qu'on s'y arrête :
- « Le dimanche soir, j'ai la gorge nouée. »
- « Je relis trois fois le même e-mail sans le comprendre. »
- « Je n'ai plus envie de voir personne, même mes amis. »
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs d'entre elles, ce n'est pas une preuve. C'est une bonne raison de prendre rendez-vous.
Burn-out : quand le corps dit stop
Souvent, le corps parle avant la tête. Le mental trouve toujours une raison de continuer : « encore ce dossier », « après les vacances ». Alors le dos se bloque, les maux de tête s'installent, le ventre se serre.
Ces signaux ne sont pas des faiblesses. Ce sont des messages. J'explique plus en détail comment la tension se loge dans le corps dans mon article sur les signes physiques de l'anxiété.
Les symptômes du burn-out sont-ils différents chez les femmes ?
Les signes décrits par l'Assurance maladie sont les mêmes pour tout le monde. Ce qui change souvent, c'est ce qui s'additionne : le travail, la maison, les enfants, les parents âgés, et tout ce qu'il faut penser pour que ça tienne. C'est ce qu'on appelle la charge mentale.
L'épuisement ne vient d'ailleurs pas toujours du travail. On peut aussi s'épuiser dans son rôle de parent : c'est le burn-out parental, qui a ses propres signes.
Trois gestes simples en attendant le rendez-vous
Ils ne remplacent pas l'avis médical, mais vous aident à mieux décrire ce que vous vivez.
- Tenez un petit carnet pendant une semaine. Chaque soir, trois lignes : comment j'ai dormi, mon énergie de 0 à 10, ce qui m'a pesé. Vous arriverez chez le médecin avec du concret, pas seulement « je suis fatigué(e) ».
- Offrez au corps une minute de pause, trois fois par jour. Les deux pieds au sol, les épaules qui descendent, une expiration plus longue que l'inspiration. Juste une minute, sans rien réussir.
- Dites-le à une personne de confiance. Une seule phrase suffit : « Je ne vais pas bien en ce moment. » Le dire à voix haute rend souvent la démarche plus facile.
Et l'hypnose, à quel moment ?
Après le médecin, et en complément de son suivi, jamais à la place. L'hypnose peut aider à retrouver un vrai repos, un sommeil plus paisible, à apaiser la culpabilité et à préparer la suite. J'explique comment dans ma page consacrée à l'accompagnement de l'épuisement et du burn-out.
Le burn-out s'inscrit souvent dans un tableau plus large de stress et d'alerte permanente, que je décris sur ma page l'hypnose pour calmer l'alerte intérieure. Et quand l'énergie manque pour se déplacer, les séances d'hypnose en visio permettent de commencer depuis chez soi.
Questions fréquentes
Peut-on faire un burn-out sans s'en rendre compte ?
Oui, c'est même fréquent, parce que les signes s'installent progressivement. On s'habitue à la fatigue, à l'irritabilité, aux nuits courtes. C'est souvent l'entourage qui s'en aperçoit en premier.
Le burn-out ne concerne-t-il que le travail ?
Le terme de syndrome d'épuisement professionnel vise le travail. Mais on parle aussi d'épuisement parental quand c'est le rôle de parent qui épuise. Dans les deux cas, parlez-en à votre médecin.
Qui consulter en premier ?
Votre médecin traitant. Il fait le point sur votre état, cherche d'autres causes possibles et vous oriente si besoin vers un psychologue, un psychiatre ou le médecin du travail.
Faut-il attendre d'être « au bout » pour demander de l'aide ?
Non. Plus on en parle tôt, plus il est facile de souffler. « Ce n'est pas un signe de faiblesse que de demander de l'aide. C'est un acte de courage. »
Vous vous reconnaissez dans ces signes et vous aimeriez être accompagné(e), en plus de votre médecin ? Réserver un premier échange.
Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE et praticienne en soins Rebozo · Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.