L'hypersensibilité émotionnelle, c'est ressentir plus fort et plus longtemps : une remarque, une ambiance, la peine d'un proche. Ce n'est pas une maladie, c'est une façon d'être que la recherche décrit comme un trait de tempérament. On ne cherche pas à l'éteindre. On apprend à la protéger, pour qu'elle redevienne une force.
« Tu es trop sensible. » Si vous êtes hypersensible, vous l'avez sans doute entendu très tôt, souvent comme un reproche. Et vous avez peut-être passé des années à essayer de ressentir moins. Je vous propose de regarder les choses autrement.
Qu'est-ce que l'hypersensibilité émotionnelle ?
Le mot vient de la recherche en psychologie. En 1997, Elaine et Arthur Aron publient une série de sept études sur ce qu'ils appellent la « sensibilité de traitement sensoriel » (Aron & Aron, Journal of Personality and Social Psychology, 1997). L'idée : certaines personnes perçoivent et traitent plus en profondeur ce qui les entoure.
Selon Elaine Aron, cela concernerait 15 à 20 % de la population, et ce trait « n'est ni un défaut ni un syndrome » (site d'Elaine Aron, hsperson.com). Autrement dit, vous n'êtes pas « abîmé(e) ». Vous fonctionnez avec un volume plus élevé.
On parle d'hypersensibilité émotionnelle quand ce volume touche surtout les émotions : les siennes, et celles des autres.
Comment savoir si l'on est hypersensible ?
Il n'existe pas de diagnostic officiel. Les tests en ligne donnent une indication, pas une réponse. En revanche, beaucoup de personnes hypersensibles se reconnaissent dans plusieurs de ces situations :
- Les émotions arrivent fort et repartent lentement. Une remarque au travail peut vous occuper toute la soirée.
- Vous captez l'ambiance d'une pièce avant que quiconque ait parlé, et la tension des autres devient la vôtre.
- Le bruit, la foule, les journées chargées vous vident, plus vite que votre entourage.
- Vous êtes touché(e) par la beauté : une musique, un paysage, un film peuvent vous émouvoir aux larmes.
- Vous avez besoin de temps seul(e) pour « redescendre » après une journée riche.
- Les conflits vous coûtent cher, au point parfois de préférer vous taire.
Aucune de ces phrases n'est un symptôme. Ce sont des repères. Si vous vous y retrouvez, c'est surtout une invitation à vous regarder avec plus de bienveillance.
Est-ce que l'hypersensibilité est une maladie ?
Non. C'est un trait, comme on peut être plutôt introverti(e) ou plutôt matinal(e). Il n'y a rien à faire disparaître.
En revanche, l'hypersensibilité peut cohabiter avec d'autres difficultés : anxiété, épuisement, tristesse qui dure, sommeil perturbé. Et certains signes peuvent aussi relever d'autre chose. Si vous vous sentez débordé(e) depuis plusieurs semaines, si vous ne dormez plus, ou si votre quotidien devient difficile à tenir, parlez-en d'abord à votre médecin. En cas d'idées noires, appelez le 3114, joignable jour et nuit.
Pour faire la part des choses entre les mots qu'on mélange souvent, j'ai écrit un article sur la différence entre stress, anxiété et angoisse.
Hypersensibilité et anxiété : quel lien ?
Quand on ressent tout plus fort, le système d'alerte peut s'emballer plus facilement. Une personne hypersensible anticipe, repère les signaux faibles, imagine ce que l'autre pense. C'est une qualité d'attention remarquable, qui peut aussi tourner en boucle.
Ce n'est pas la sensibilité qui fatigue, le plus souvent. C'est la lutte contre elle : se reprocher de réagir, se forcer à « prendre sur soi », faire semblant que tout va bien. Cette lutte-là épuise, et elle entame souvent la confiance. Beaucoup de personnes hypersensibles finissent par douter d'elles-mêmes ; j'en parle sur ma page consacrée à l'hypnose pour retrouver confiance en soi.
Comment mieux vivre avec son hypersensibilité, au quotidien ?
Quelques pistes simples, à adapter à votre vie :
- Nommer ce qui se passe. « Là, je suis submergé(e). » Mettre un mot sur l'émotion suffit parfois à faire baisser la pression.
- Prévoir des sas. Dix minutes au calme entre le travail et la maison, un trajet sans écran, une pause dans la journée. Le système nerveux a besoin de redescendre.
- Distinguer ce qui est à vous de ce qui est aux autres. Quand une émotion vous traverse, demandez-vous : « Est-ce que c'est la mienne, ou celle que je capte ? »
- Revenir au corps. Une expiration plus longue que l'inspiration, les pieds bien posés au sol. Le corps apaise souvent plus vite que le raisonnement.
- Choisir ses combats, et ses environnements. Ce n'est pas de la fuite. C'est de l'hygiène.
Comment l'hypnose peut-elle accompagner une personne hypersensible ?
L'hypnose ne cherche pas à rendre moins sensible. Elle aide à retrouver un espace intérieur calme, d'où l'on peut accueillir ce qui arrive sans être emporté(e).
La méthode SAJECE, que je pratique, est une hypnose humaniste qui s'appuie sur vos propres ressources. En séance, on peut par exemple travailler sur ce qui déclenche le débordement, sur la frontière entre vos émotions et celles des autres, ou sur un « lieu ressource » intérieur où revenir quand tout est trop fort. C'est une partie de ma façon d'accompagner les émotions et les transitions de vie.
Je reçois à Ajaccio toute l'année (voir mon cabinet d'hypnose à Ajaccio), à Paris une semaine par mois, et en visio. Pour une personne hypersensible, la séance à distance a un avantage réel : rester chez soi, dans un environnement familier, sans trajet ni salle d'attente. Tout est expliqué sur ma page séance d'hypnose en visio.
Questions fréquentes
Peut-on ne plus être hypersensible ?
Ce trait fait partie de vous, et il n'y a pas à le supprimer. Ce qui peut changer, c'est la façon dont vous le vivez : moins de débordements, plus de récupération, plus de fierté aussi.
L'hypersensibilité émotionnelle touche-t-elle aussi les hommes ?
Oui. Selon Elaine Aron, le trait se répartit à égalité entre hommes et femmes (hsperson.com) ; ce qui change, c'est souvent ce que l'éducation autorise à montrer.
Un test d'hypersensibilité suffit-il ?
Un questionnaire aide à se poser des questions, rien de plus. Il ne remplace ni l'avis d'un médecin, ni un vrai temps d'écoute.
Faut-il en parler à un professionnel ?
Si votre sensibilité vous fait souffrir, oui. Ce n'est pas un signe de faiblesse que de demander de l'aide. C'est un acte de courage.
Envie d'apprendre à faire de votre sensibilité une alliée ? Réserver un premier échange.
Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE, Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.