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Par Caroline Desormeaux

Peut-on se faire un soin Rebozo soi-même, chez soi ?

Non, pas vraiment : le soin Rebozo se reçoit. On ne peut pas bercer son propre corps, et la fermeture dans l'étoffe demande quelqu'un d'attentif à côté de vous. En revanche, vous pouvez pratiquer seul(e) des gestes simples d'apaisement et de l'auto-hypnose, qui ne demandent ni étoffe ni praticienne.

C'est une question que l'on me pose souvent, et je la trouve très légitime. On tombe sur une vidéo, on voit une longue étoffe, des mouvements lents, et on se dit : au fond, il suffirait d'un grand foulard et d'un peu de temps. Voici ce qui est possible chez vous, ce qui ne l'est pas, et pourquoi.

Pourquoi a-t-on envie de le faire soi-même ?

Les raisons que j'entends reviennent presque toujours aux mêmes :

Ce sont de bonnes raisons. Elles méritent des réponses honnêtes, pas une mise en garde vague.

Qu'est-ce qui ne peut pas se reproduire tout(e) seul(e) ?

Trois choses, et elles sont au cœur du soin.

Le bercement. Toute la force du geste vient de ce que quelqu'un d'autre tient les deux extrémités de l'étoffe et donne le mouvement. Votre corps n'a rien à faire, rien à tenir, rien à décider. C'est exactement cela qui permet le relâchement, et c'est impossible à s'offrir à soi-même : si vous tirez sur le tissu, vous travaillez.

Le fait de ne rien piloter. Dans un soin, vous n'avez pas à savoir ce qui vient après. Seul(e), vous êtes à la fois celui ou celle qui reçoit et celui ou celle qui organise. Le mental reste aux commandes, et c'est souvent lui qu'on venait justement poser.

La fermeture. C'est le moment où une ou plusieurs étoffes enveloppent le corps zone par zone, chacune serrée doucement puis maintenue. Il faut être deux, et il faut ajuster en continu à ce que dit la personne. Je raconte ce déroulé complet dans un soin Rebozo, temps par temps.

Les tutoriels trouvés en ligne sont-ils fiables ?

Il y en a beaucoup, et ils sont très inégaux. Deux choses à savoir avant de s'en inspirer.

D'abord, une grande partie des vidéos en circulation montre des gestes pensés pour l'accompagnement de la naissance, qui n'ont pas le même objet qu'un soin de bien-être et qui s'adressent à des personnes suivies médicalement. Ensuite, chaque vidéo montre la façon de faire d'une praticienne en particulier, avec sa formation, son matériel et son cadre. Aucun diplôme d'État n'encadre le Rebozo en France : regarder une vidéo ne dit pas si le geste est adapté à la personne en face de vous.

Le vrai risque n'est pas de « mal faire » esthétiquement. Il est d'appliquer un serrage à quelqu'un qui a une douleur, une opération récente, un souci de circulation ou une angoisse d'être contenu(e). Les situations où il vaut mieux s'abstenir sont listées dans les précautions à connaître avant un soin.

Et à deux, avec un proche ?

Là, quelque chose devient possible, à condition de renoncer à imiter un soin complet.

Ce qui peut se faire simplement, entre adultes consentants et en bonne santé : s'allonger au sol sur une couverture épaisse, et demander à l'autre de bercer très lentement les jambes ou les épaules à travers une grande étoffe, sans soulever, sans forcer. Quelques minutes suffisent. On parle, on dit « plus doux », « plus lent », « stop ». Et on s'arrête au premier doute.

Ce qui ne s'improvise pas : les serrages fermes, les pressions sur le ventre ou le bassin, l'usage d'un bâton pour tendre l'étoffe. Ces gestes demandent de savoir où l'on pose les mains et quand on relâche.

Un mot sur le tissu, aussi. Le rebozo est d'abord un vêtement mexicain, une longue écharpe portée sur les épaules ou sur la tête, utilisée aussi pour porter un enfant ou des charges (Wikipédia). Acheter une belle étoffe ne fabrique pas un soin. C'est la relation autour qui fait le soin, pas le tissu.

Que pouvez-vous vraiment pratiquer chez vous ?

Beaucoup, en réalité, à condition d'appeler les choses par leur nom. Ce ne sera pas du Rebozo, mais cela répond au même besoin : se sentir tenu(e) et reposer le mental.

Et si c'est la distance qui vous arrête ?

Le soin Rebozo se vit uniquement en présentiel : il a besoin de l'étoffe, du mouvement et d'une présence. Je le propose là où je reçois en Corse-du-Sud toute l'année, et à Paris une semaine par mois. Si vous êtes loin de ces deux points, l'hypnose, elle, se pratique très bien à distance, et l'auto-hypnose peut se transmettre en visio. Pour une vue d'ensemble du soin lui-même, voyez ma présentation du Rebozo.

Questions fréquentes

Peut-on acheter un rebozo et s'en servir seul(e) ?

Oui, rien ne l'interdit : c'est une étoffe. Vous pouvez vous en envelopper, l'utiliser comme châle ou comme couverture. Ce sera agréable, mais ce ne sera pas un soin Rebozo.

Un serrage mal fait peut-il être risqué ?

Il peut être inconfortable, réveiller une douleur ou déclencher une sensation d'étouffement chez une personne anxieuse. Si vous avez un doute sur votre état de santé, l'avis de votre médecin passe avant tout.

Existe-t-il une version courte du soin à faire chez soi ?

Pas de version officielle, et je me méfie des raccourcis vendus comme tels. Un bercement doux de quelques minutes à deux, oui. Un soin complet, non.

Faut-il être formé(e) pour pratiquer sur un proche ?

Pour un bercement lent et doux, non. Dès qu'il s'agit de serrer, d'envelopper tout le corps ou d'intervenir auprès d'une personne fragile, oui : cela s'apprend auprès de quelqu'un.


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Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE et praticienne en soins Rebozo · Ajaccio · Paris Le soin Rebozo est un soin de bien-être qui ne se substitue pas à un avis médical.

Ce n’est pas un signe de faiblesse que de demander de l’aide. C’est un acte de courage.
Caroline Desormeaux

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