Pour aider une personne en crise d'angoisse, restez auprès d'elle, parlez doucement, respirez lentement avec elle en allongeant l'expiration, et rappelez-lui que la crise va redescendre. Évitez les « calme-toi ». Au moindre doute sur son cœur ou sa respiration, appelez le 15 : ce n'est pas à vous de faire la différence.
Assister à une crise d'angoisse est impressionnant : la personne a du mal à respirer, son cœur s'emballe, et vous ne savez pas s'il faut appeler les secours ou la laisser tranquille. Voici ce qui aide, dans l'ordre.
D'abord : dans quels cas faut-il appeler le 15 ?
C'est le point le plus important, et il passe avant tout le reste : vous n'avez pas à poser un diagnostic. L'Assurance maladie cite, parmi les signes d'une attaque de panique, une gêne ou une douleur dans la poitrine, des palpitations et un essoufflement (ameli.fr, Trouble panique : symptômes). Ces signes peuvent aussi avoir une cause cardiaque ou respiratoire.
Donc appelez le 15 (ou le 112) si la douleur dans la poitrine ne cède pas, s'il y a un malaise, une perte de connaissance, une difficulté à respirer qui s'aggrave, ou simplement si vous avez un doute. Vous ne dérangerez pas : le médecin régulateur est là pour trier.
Et si vous entendez des idées noires, le 3114 répond jour et nuit, gratuitement.
Que faire pendant les premières minutes ?
Deux idées guident tout : abaisser le niveau de stimulation, et montrer que vous ne partez pas.
- Restez. Ne partez pas chercher cinq personnes : l'attroupement augmente la panique.
- Proposez de s'asseoir, et de s'éloigner du bruit, de la foule, des néons. Proposez, ne décidez pas à sa place.
- Parlez lentement, avec des phrases courtes. Pendant une crise, les longues explications ne passent plus.
- Respirez avec elle, en allongeant surtout l'expiration. Ne lui demandez pas de « respirer à fond » : inspirer plus fort peut aggraver la sensation d'étouffer. Montrez plutôt le rythme avec votre propre souffle.
- Demandez avant de toucher : « est-ce que je peux te prendre la main ? » Le contact apaise certaines personnes, et en angoisse d'autres.
- Ramenez l'attention au présent en nommant ce qui est là : un objet, un son, la température de la pièce. C'est le principe de l'exercice d'ancrage que je détaille sur ma page que faire pendant une crise d'angoisse.
- Laissez du temps. Une crise monte vite, atteint un pic, puis retombe. Ces minutes paraissent longues, à elle comme à vous.
Que dire, et que vaut-il mieux éviter ?
Ce qui aide, ce sont des phrases brèves, affirmatives, répétées sans impatience : « je suis là », « tu n'es pas en danger », « ça va redescendre », « on respire ensemble », « je ne bouge pas ».
Ce qui n'aide pas, même avec les meilleures intentions :
- « Calme-toi » : la personne ne cherche que ça, et l'entendre ajoute de la honte.
- « Il n'y a aucune raison » : une crise d'angoisse n'a pas toujours de déclencheur identifiable, cela ne la rend pas moins réelle.
- Les pourquoi. Comprendre l'origine, c'est précieux, mais plus tard. Pas pendant.
Comment aider quelqu'un par message ou au téléphone ?
À distance aussi, votre présence compte. Le principe : un message court, une idée à la fois, plutôt qu'un pavé. « Je suis là. » « Souffle longuement avec moi, j'attends. » Posez des questions auxquelles on peut répondre par oui ou non : c'est beaucoup moins coûteux à écrire pour quelqu'un en crise.
Au téléphone, dites que vous restez en ligne même si personne ne parle, et comptez le souffle à voix haute. Demandez si quelqu'un peut la rejoindre, et si vous êtes inquiet(e) pour sa sécurité, demandez où elle se trouve et appelez le 15.
Après la crise, comment accompagner sans surprotéger ?
Juste après, proposez un verre d'eau et un moment calme, sans débriefing immédiat. La fatigue qui suit une crise est normale.
Sur la durée, le piège est de vouloir trop bien faire : prendre les transports à sa place, parler pour elle, éviter toutes les situations qui déclenchent. Cela soulage sur le moment, et nourrit l'anticipation, ce mécanisme par lequel la peur d'avoir peur finit par organiser la vie entière. Mieux vaut l'accompagner dans ce qu'elle veut retenter, à son rythme.
Et pensez à vous. Accompagner quelqu'un qui fait des crises use, surtout la nuit. Avoir besoin d'aide à votre tour n'enlève rien à votre présence.
Vers qui orienter, pour la suite ?
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur : il peut écarter d'autres causes et orienter. L'Assurance maladie détaille les recours possibles en santé mentale (ameli.fr, Santé mentale : comment être aidé).
En complément, mon accompagnement de l'anxiété par l'hypnose sert surtout à apaiser ce qui entretient les crises : la peur de la prochaine, la vigilance permanente, le corps qui reste en alerte. Je reçois à Ajaccio, à Paris une semaine par mois, ou à distance par vidéo.
À lire aussi
- Pour savoir de quoi on parle : reconnaître une crise d'angoisse, et quand appeler le 15.
- Quand cela arrive à 3 h du matin : pourquoi l'angoisse surgit la nuit, et comment l'apaiser.
Questions fréquentes
Faut-il faire respirer dans un sac en papier ?
Cette vieille astuce n'est pas une bonne idée : elle suppose de savoir exactement ce qui se passe. Allonger l'expiration, calmement, suffit.
Faut-il emmener la personne aux urgences ?
Si vous avez un doute sur son cœur ou sa respiration, n'y allez pas par vous-même : appelez d'abord le 15, qui vous dira quoi faire. Après une première crise, un rendez-vous chez son médecin est utile.
Et si la personne refuse que je m'approche ?
Restez visible, à deux ou trois pas, et continuez à parler doucement. Le simple fait de ne pas être seul(e) change déjà beaucoup de choses.
Comment réagir si cela arrive à un collègue au travail ?
Proposez de sortir de l'open space, un endroit calme, sans public. N'en parlez pas ensuite autour de vous : la crainte du regard des autres pèse souvent le plus lourd.
Vous accompagnez un proche, ou vous vivez ces crises vous-même ? Réservez un premier échange.
Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE, Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.