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Par Caroline Desormeaux

Opération sous hypnose : ce qui se passe vraiment à l'hôpital

Oui, certaines interventions se déroulent sous hypnose, à l'hôpital. On parle d'hypnosédation : une anesthésie locale, une sédation légère, et un anesthésiste formé à l'hypnose qui accompagne la personne par la voix. Vous restez conscient(e). Ce n'est pas la même chose qu'une séance de bien-être en cabinet comme le mien.

On me pose souvent la question, et presque toujours sur le même ton, mi-curieux mi-inquiet : « C'est vrai qu'on peut se faire opérer sous hypnose ? » Oui, c'est vrai. Voici ce que l'on sait, et ce qui ne relève pas de mon métier.

D'abord : qui décide d'une opération sous hypnose ?

L'équipe médicale, et personne d'autre. Ni vous seul(e), ni moi. Le choix se discute avec le chirurgien et avec l'anesthésiste, lors de la consultation qui précède l'intervention. Il dépend du geste prévu, de votre état de santé, de votre envie de rester éveillé(e) et des habitudes de l'établissement.

Autrement dit : si l'idée vous intéresse, la seule bonne démarche est d'en parler à l'équipe qui vous suit. Aucune préparation chez une praticienne en hypnose ne peut remplacer cette discussion, ni la décider à votre place.

Qu'est-ce que l'hypnosédation, exactement ?

C'est une technique d'anesthésie qui combine trois choses : une anesthésie locale du site opéré, une sédation légère, et un accompagnement en hypnose pendant toute la durée du geste (Wikipédia, « Hypnose », section usage médical).

Trois conditions reviennent toujours :

Ce n'est donc pas une alternative « naturelle » à l'anesthésie. C'est une façon d'utiliser moins de médicaments, dans un cadre médical complet, avec du matériel et une équipe autour de vous.

Ce n'est pas nouveau non plus. Le centre hospitalier universitaire de Liège, en Belgique, en est l'un des pionniers : plus de 8 500 personnes y ont été opérées de cette façon depuis 1992 (même source).

Quelles interventions peuvent se dérouler sous hypnose ?

Il n'existe pas de liste universelle. Cela dépend de l'établissement, de l'équipe et du geste.

En pratique, l'hypnosédation est proposée surtout pour des interventions qui peuvent déjà se faire sous anesthésie locale ou loco-régionale, et pour des examens brefs mais désagréables. La logique est toujours la même : le corps est insensibilisé localement, et l'hypnose s'occupe du reste, c'est-à-dire du vécu.

Ce qu'elle ne fait pas : remplacer une anesthésie générale quand celle-ci est nécessaire. Là encore, c'est l'équipe qui tranche.

Qu'est-ce que ça change pour la personne opérée ?

Les bénéfices rapportés sont réguliers : plus de confort pendant le geste, moins d'anxiété, moins de douleur ressentie, moins de médicaments administrés, et souvent une récupération plus rapide après.

Sur le fond scientifique, il y a un document de référence en France. En 2015, à la demande du ministère de la Santé, l'Inserm a passé en revue les études disponibles sur l'hypnose. Le rapport conclut que l'hypnose a « un intérêt thérapeutique potentiel, en particulier en anesthésie per-opératoire », juge les données insuffisantes dans plusieurs autres domaines, et considère les résultats sur la sécurité comme rassurants (rapport Inserm, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, 2015).

Une nuance de ce rapport mérite d'être connue, parce qu'elle dit bien ce que fait l'hypnose : ce serait surtout l'impact émotionnel de la douleur qui diminue, plus que son intensité pure. C'est exactement ce que je constate, à mon échelle et sur de tout autres sujets : ce qui change d'abord, c'est le rapport à ce qui arrive.

Reste-t-on conscient(e) pendant l'intervention ?

Oui, et c'est le principe même. Vous entendez, vous pouvez parler, signaler une gêne, demander qu'on s'arrête. Beaucoup décrivent plutôt un état d'absorption : l'attention est ailleurs, souvent dans un souvenir agréable que l'anesthésiste fait durer avec des mots.

Cette image de l'hypnose, calme et sans spectacle, est la même que celle de mon cabinet. Si vous avez en tête les pendules et les claquements de doigts, j'ai expliqué ailleurs ce qui sépare l'hypnose de spectacle de l'hypnose d'accompagnement.

Est-ce ce que vous pratiquez, dans votre cabinet ?

Non, et je préfère être très claire là-dessus. Je ne suis pas soignante, je n'interviens pas en bloc opératoire et je ne pratique pas l'hypnosédation. Mon métier, c'est l'accompagnement en hypnose SAJECE : une hypnose humaniste, où l'on travaille avec vos propres ressources, dans un cadre de bien-être. Si vous voulez voir à quoi ressemble concrètement un rendez-vous avec moi, tout est décrit dans le déroulement d'une séance.

En revanche, une intervention qui approche, un examen qui angoisse, des nuits agitées avant la date : ça, c'est un terrain que je connais. C'est ce que l'on appelle l'anxiété d'anticipation, et elle s'accompagne très bien, au cabinet à Ajaccio, à Paris une semaine par mois, ou en visio. Toujours en complément de votre suivi médical, jamais à sa place.

Questions fréquentes

Quelles opérations peut-on faire sous hypnose ?

Il n'y a pas de liste figée. Ce sont le plus souvent des gestes réalisables sous anesthésie locale ou loco-régionale, et des examens courts. La seule réponse fiable pour votre cas viendra du chirurgien et de l'anesthésiste qui vous suivent.

Peut-on faire une coloscopie sous hypnose ?

Cela se pratique dans certains établissements, avec des équipes formées. Ce n'est pas proposé partout, et cela ne se décide pas à l'avance depuis chez soi : posez la question lors de la consultation de préparation.

Est-ce que je vais sentir la douleur ?

L'insensibilisation vient de l'anesthésie locale, pas de l'hypnose. L'hypnose, elle, agit sur le confort, l'anxiété et la façon dont la douleur est vécue. Si quelque chose vous gêne pendant le geste, vous pouvez le dire : vous êtes éveillé(e).

Faut-il être « réceptif(ve) » pour que ça marche ?

Il faut surtout être d'accord et motivé(e). L'état hypnotique est un état naturel, que tout le monde traverse plusieurs fois par jour sans le nommer. Ce qui compte, c'est la confiance dans l'équipe et l'envie de vivre l'intervention éveillé(e).


Une intervention, un examen, une date qui vous inquiète ? Parlons-en lors d'un premier échange.

Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE · Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.

Ce n’est pas un signe de faiblesse que de demander de l’aide. C’est un acte de courage.
Caroline Desormeaux

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