L'hypnose de spectacle et l'hypnose thérapeutique utilisent le même état naturel de concentration, mais pas pour la même chose. Sur scène, le but est de divertir un public. En séance, le seul but est vous : votre demande, votre rythme, votre accord. Rien de spectaculaire, et vous restez conscient(e) et libre du début à la fin.
Quand je dis que je suis hypnothérapeute, on me répond souvent en riant : « Vous n'allez pas me faire caqueter comme une poule ? » Je comprends. Pour beaucoup d'entre nous, la première image de l'hypnose vient d'un plateau de télévision. Alors mettons les choses à plat.
Hypnose de spectacle : que se passe-t-il vraiment sur scène ?
Un spectacle d'hypnose est d'abord un spectacle. L'hypnotiseur a un objectif clair : produire des effets visibles, rapides, qui font rire ou impressionnent la salle.
Pour y parvenir, il s'appuie le plus souvent sur plusieurs leviers :
- des volontaires, qui ont accepté de monter sur scène et savent à peu près ce qui les attend ;
- une sélection : parmi ces volontaires, il garde en général ceux qui réagissent le plus vite aux premières suggestions ;
- l'effet de groupe : la lumière, la musique, le public qui attend quelque chose. Tout pousse à « jouer le jeu » ;
- des suggestions très directives, données sur un ton d'autorité.
Cela ne veut pas dire que tout est truqué. Ces personnes vivent souvent un vrai état d'absorption. Mais le cadre est pensé pour le public, pas pour elles.
Hypnose thérapeutique : à quoi sert-elle ?
L'hypnose thérapeutique, ou hypnose d'accompagnement, part de la personne. Il n'y a pas de public, pas de démonstration, pas d'effet à obtenir. Il y a une demande : mieux dormir, apaiser une anxiété, sortir des pensées en boucle, retrouver confiance.
À l'hôpital, des soignants formés l'utilisent aussi. En 2015, un rapport de l'Inserm commandé par le ministère de la Santé a passé en revue les études disponibles. Il relève un intérêt potentiel de l'hypnose notamment pendant les anesthésies et dans le syndrome de l'intestin irritable, juge les données encore insuffisantes dans d'autres domaines, et qualifie les résultats sur la sécurité de « rassurants » (rapport Inserm, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, 2015).
Dans mon cabinet, on est dans le bien-être et l'accompagnement. Je pratique l'hypnose SAJECE, une méthode humaniste et non directive : on ne vous impose rien, on vous aide à retrouver vos propres ressources.
Est-ce le même état hypnotique ?
Oui, et c'est ce qui entretient la confusion. L'état hypnotique est un état naturel. Vous le connaissez déjà : quand vous êtes absorbé(e) par un film au point de ne plus entendre ce qui se passe autour, ou quand vous arrivez au bout d'un trajet familier sans vous souvenir du chemin.
Ce qui change, ce n'est pas l'état. C'est ce qu'on en fait :
| Hypnose de spectacle | Hypnose thérapeutique | |
|---|---|---|
| Pour qui ? | Pour le public | Pour vous |
| Le but | Divertir, impressionner | Vous accompagner vers votre objectif |
| Le ton | Directif, rapide | Doux, adapté à votre rythme |
| Votre accord | Donné une fois, en montant sur scène | Discuté avant, et respecté à chaque instant |
| L'après | Rien de prévu | Un retour sur la séance, des exercices pour vous |
Hypnotiseur ou hypnothérapeute : quelle différence ?
Les mots se ressemblent, mais ne désignent pas le même métier. L'hypnotiseur est, dans l'usage courant, celui qui fait des démonstrations ou des spectacles. L'hypnothérapeute, ou praticien(ne) en hypnose, reçoit des personnes en séance individuelle pour les accompagner.
Quant à « hypnotisme », c'est un terme plus ancien, qu'on emploie aujourd'hui surtout pour parler de l'histoire de l'hypnose ou de ses usages de démonstration. Le mot « hypnose » s'est imposé pour la pratique d'accompagnement.
Pour choisir quelqu'un de sérieux, j'ai rassemblé quelques repères dans bien choisir un hypnothérapeute sérieux.
Peut-on me faire faire n'importe quoi sous hypnose ?
Non. C'est la question qui revient le plus, et c'est l'héritage direct des spectacles. En séance, vous entendez tout, vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux, interrompre. Vous gardez vos valeurs et votre jugement. Une suggestion qui ne vous convient pas ne « prend » tout simplement pas.
J'ai répondu en détail aux inquiétudes les plus fréquentes dans la page sur les dangers supposés de l'hypnose SAJECE.
À quoi ressemble une séance, alors ?
À quelque chose de très calme. Vous êtes installé(e) confortablement, au cabinet ou chez vous en visio. On commence par parler de ce qui vous amène. Puis je vous guide, avec la voix, vers cet état de concentration tournée vers l'intérieur. On y travaille avec des images, des métaphores, vos ressources. Puis on revient tranquillement, et on échange.
Pas de pendule, pas de claquement de doigts, pas de poule. Juste un moment pour vous.
Et si vous avez peur d'être « trop » ou « pas assez » réceptif(ve), lisez « l'hypnose ne marche pas sur moi » : les vraies raisons. Pour comprendre d'où vient l'hypnose douce et indirecte que je pratique, voyez aussi les principes de l'hypnose ericksonienne.
Questions fréquentes
L'hypnose de spectacle est-elle dangereuse ?
Je ne pratique pas l'hypnose de spectacle et je ne peux pas juger chaque show. Ce qui est sûr, c'est que son cadre n'est pas pensé pour accompagner une personne fragile. Si vous traversez une période difficile, mieux vaut une séance individuelle, avec un premier échange avant.
Les volontaires sur scène sont-ils complices ?
On ne peut pas généraliser. Beaucoup vivent réellement un état d'absorption, renforcé par l'ambiance et l'envie de jouer le jeu. C'est justement ce cadre qui fait la différence avec une séance.
L'hypnose thérapeutique est-elle reconnue ?
Elle est utilisée à l'hôpital par des soignants formés, et l'Inserm l'a évaluée en 2015 : intérêt potentiel dans certains domaines, données insuffisantes dans d'autres. En cabinet de bien-être comme le mien, elle vient toujours en complément d'un suivi médical, jamais à la place.
Est-ce que je vais dormir ?
Non. Vous êtes conscient(e) et concentré(e). Il arrive qu'on se laisse glisser vers le sommeil en fin de séance, et ce n'est pas un problème.
Curieux(se) de voir à quoi ressemble une vraie séance ? Parlons-en lors d'un premier échange.
Rédigé par Caroline Desormeaux, Maître Praticienne en Hypnose SAJECE, Ajaccio · Paris · Visio. L'hypnose ne se substitue en aucun cas au diagnostic médical et aucun traitement ne peut être suspendu sans l'avis du médecin.